Géographie

Un survol de la géographie québécoise

Bouclier canadien

Au nord du Québec, autour de la baie James et de la baie d’Hudson, le bouclier canadien occupe 80 % de la superficie totale de la province du Québec. Composé de granite et de gneiss, ayant subi pendant des milliards d’années un intense et constant travail d’érosion, cette immense surface a été recouverte d’eau, ensevelie sous d’épaisses couches de sédiments marins puis soumise à l’érosion glaciaire. La fonte de la calotte glaciaire a créé, dans le fond des vallées, des myriades de lacs qui occupent 16 % de la surface du Québec. Les paysages du bouclier sont constitués essentiellement de plateaux profondément entaillés de rivières et interrompus, par endroits, de massifs montagneux de 1 000 m à 1 500 m d’altitude : monts Otish au centre, chaîne des monts Torngat à l’ouest, à la limite du Labrador, dont le mont Iberville (1 652 m) est le point culminant du Québec. Très peu peuplé, le bouclier recèle d’énormes ressources naturelles. Il est recouvert d’une forêt gigantesque et possède un réseau hydrographique exceptionnel constituant un énorme potentiel hydroélectrique : réservoirs Caniapiscau, La Grande, Eastmain, Manicouagan (ancien cratère de météore). Tout au nord, la péninsule d’Ungava, territoire des Inuits (Nunavik), est le domaine de l’Arctique, des aurores boréales et du sol gelé en permanence (pergélisol).

Plateau d’Abitibi

Au sud de la baie James, ce plateau s’étend le long de la frontière avec l’Ontario, entre la rivière des Outaouais et la plaine d’Eastmain. Il est parcouru par de grands fleuves (Abitibi, Harricana). L’érosion glaciaire y a créé un paysage plat ponctué de collines témoignant d’une activité volcanique à l’époque précambrienne. Au sud, la boucle de la rivière des Outaouais délimite la région du Témiscamingue, où sont installées des fermes laitières au creux de collines couvertes d’épinettes. Les immenses forêts boréales d’Abitibi ont attiré jadis les marchands de fourrures, puis les compagnies forestières et les industries papetières. Au XXe siècle, l’exploitation des mines de cuivre et d’or a été à l’origine de la naissance de villes pionnières comme Val-d’Or, Rouyn-Noranda et Témiscaming.

Laurentides

Au sud du plateau d’Abitibi, les Laurentides s’étendent entre la rivière des Outaouais et celle du Saguenay. Constituées de crêtes arrondies s’élevant de 600 à 800 m et de vallées parcourues par des rivières d’orientation nord-sud se jetant dans le Saint-Laurent, elles offrent cependant quelques sommets plus élevés, tels le Mont-Tremblant (968 m) au nord de Montréal et le mont Raoul-Blanchard (1 161 m) dans le massif des Grands-Jardins. Les Laurentides finissent à l’estuaire du Saint-Laurent en un spectaculaire escarpement appelé la côte de Charlevoix.

Fjord du Saguenay et lac Saint-Jean

Dû à un affaissement tectonique, le lac Saint-Jean occupe une cuvette reliée à l’estuaire du Saint-Laurent par la rivière Saguenay. La basse vallée du Saguenay forme, à la hauteur de Tadoussac, un magnifique fjord qui a été creusé par les glaciers, le long de la zone de fracture des Laurentides. Les bateaux de haute mer peuvent remonter le fjord jusqu’à forment de véritables canyons à certains endroits (cap Eternité, cap Trinité). Les effets des marées du Saint-Laurent se font ressentir jusqu’à Chicoutimi. Des centaines de baleines à fanons – notamment le rorqual commun, le rorqual à bosse et le petit rorqual – et à dents, comme le béluga, reviennent chaque été à l’entrée du fjord, à Tadoussac, pour faire leur plein de krills, particulièrement abondants dans cette zone.

Côte nord

De l’autre côté du fjord du Saguenay s’étend la Côte nord, rive nord du Saint-Laurent. Peu peuplée, battue par les vents, cette plaine côtière s’étire sur plus de 1 000 km jusqu’au Labrador, entaillée d’étroites vallées où s’engouffrent de puissantes rivières. De nombreux ouvrages hydrauliques s’y succèdent (complexe Manic-Outardes, au nord de Baie-Comeau). Au large d’Havre-Saint-Pierre, l’archipel de Mingan (parc national) offre des paysages spectaculaires de rochers rouges, tout comme l’île sauvage d’Anticosti, importante réserve de chasse.

Plaine Saint-Laurent

Elle est comprise entre le bouclier canadien au nord et les Appalaches au sud-est, entre Montréal et Québec, et s’élève progressivement vers le nord-est et la péninsule gaspésienne. À l’est, entre Montréal et les Appalaches, les collines montérégiennes ont une altitude inférieure à 500 m. Ce sont d’anciens culots volcaniques constitués de lave solidifiée. La forêt se compose de conifères et de feuillus (bouleaux, érables, trembles). Les basses terres bénéficient d’un sol fertile et d’un climat plus clément : on y cultive le maïs, l’avoine, l’orge et le blé et on y pratique l’élevage laitier. La population urbaine se concentre essentiellement autour des deux grandes villes de Montréal et Québec, situées toutes deux sur la rive gauche du Saint-Laurent.

Appalaches et Basses Terres (Cantons de l’Est, Beauce)

Séparées du Saint-Laurent par la faille Champlain, les Appalaches s’étendent au nord-est le long de la frontière américaine, où les États du Vermont, du New Hampshire et du Maine séparent la province canadienne du Nouveau-Brunswick de celle du Québec. Ces montagnes, de formation plus récente que le bouclier canadien, ne dépassent pas une altitude moyenne de 500 m, les plus hauts sommets atteignent toutefois 1 200 m. Cette chaîne résulte du choc des plaques continentales américaines et eurasiennes. Les sommets rabotés par l’érosion ont engendré un paysage ondulé où alternent crêtes et vallées creusées par les rivières. Les hauteurs sont couvertes de feuillus (érables à sucre, chênes, hêtres), tandis que les plaines sont le domaine de l’agriculture mixte. Les Cantons-de-l’Est occupent la partie sud-ouest des Appalaches, le long de la frontière des États-Unis, à l’est de Montréal, et offrent des montagnes verdoyantes entaillées de vallées profondes. C’est le lieu de villégiature des Montréalais (sports nautiques en été, ski en hiver).

La Beauce s’étend de part et d’autre de la rivière Chaudière qui débouche du lac Mégantic pour se jeter dans le Saint-Laurent. Tout comme son homonyme français, la Beauce québécoise est une vaste étendue, plate et monotone, de terres fertiles. Vergers, vignobles, pâturages, fermes laitières caractérisent sa partie ouest, tandis que le reste du pays beauceron est occupé par la plus forte concentration d’érablières du Québec (fabrication du sirop d’érable).

Bas-Saint-Laurent et Gaspésie

Au nord des Basses Terres et des Appalaches, la chaîne des monts Sutton se prolonge par les monts Notre-Dame, dont les versants nord descendent sur une étroite bande de terre le long du Saint-Laurent, appelée Bas-Saint-Laurent, où l’on cultive l’avoine et l’orge. De l’autre côté de la rivière Matapédia débute la péninsule gaspésienne, comprise entre l’estuaire du Saint-Laurent, le Nouveau-Brunswick et le golfe du Saint-Laurent. Elle est dominée, au nord, par les monts Chic-Chocs, culminant au mont Jacques-Cartier (1 268 m) dont les versants sont couverts d’épaisses forêts boréales. La péninsule abrite plusieurs parcs naturels (parc national de la Gaspésie, parc national Forillon) et réserves. À l’estuaire du Saint-Laurent, le littoral nord de Gaspésie est parsemé de charmants villages de pêcheurs tandis que la pointe gaspésienne, tournée vers le golfe du Saint-Laurent, brossé par les vagues, est particulièrement sauvage et spectaculaire, notamment à Forillon et à Percé. Au sud de la péninsule, les Hautes Terres sont profondément entaillées par de nombreuses rivières qui se jettent toutes dans la baie des Chaleurs. Protégée des vents polaires, cette région bénéficie d’un microclimat qui lui a valu le nom de Québec méridional. Au large de la Gaspésie, dans le golfe du Saint-Laurent, on retrouve les îles de la Madeleine, archipel isolé et battu par les vents polaires, domaine de la banquise en hiver.

 

 

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