Le Québec moderne

Après une période de centralisation fédérale et de conservatisme auxquels s’oppose le Premier ministre du Québec, Maurice Duplessis (1890- 1959), le gouvernement du Québec prend, dans les années 1960, d’importantes mesures économiques, sociales et culturelles (régime de retraite, système de santé, éducation). C’est ce qu’on a appelé la « révolution tranquille » : elle a lieu sous Jean Lesage, Premier ministre libéral de 1960 à 1966. Désormais, l’État prend la relève de l’Eglise et de la famille. Jusque-là, le Québec était régi par un clergé omniprésent et par l’élite anglophone : ils contrôlaient à eux deux la vie économique et sociale du Québec (« Maîtres chez nous », proclament les affiches).

Cependant la montée du nationalisme se fait parallèlement au renforcement de l’État fédéral. Bientôt la souveraineté du Québec occupe le cœur des débats. Les partisans du fédéralisme représentés par Pierre-Elliott Trudeau, Premier ministre du Canada de 1968 à 1979 et de 1980 à 1984, s’opposent aux partisans de la souveraineté conduits par René Lévesque, chef du Parti québécois (fondé en 1968) et Premier ministre du Québec de 1976 à 1985. Mais le référendum de 1980 sur l’indépendance du Québec est un échec, la majorité des Québécois s’étant prononcée contre la séparation.

Tensions entre le Québec et le gouvernement fédéral

Les tensions entre la province du Québec et le gouvernement fédéral vont encore s’aggraver avec le refus du Québec de signer la Constitution canadienne de 1982. Rapatriée au Canada, cette constitution comporte des dispositions contraires aux aspirations des Québécois. En 1987, les accords du Lac Meech, qui prévoient pour le Québec un statut spécial de « société distincte », n’aboutiront pas, en raison de l’opposition du Manitoba et de Terre-Neuve. Le second référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec, se soldant par un « non » à très faible majorité, est un nouvel échec pour les indépendantistes. Au printemps 1998, le Premier ministre Lucien Bouchard a renouvelé son engagement à tenir un référendum « gagnant ». La déclaration de Calgary reconnaît « le caractère unique de la société québécoise au sein du Canada » mais pas le Québec en tant que « société distincte ». En 1998, la question autochtone a porté sur l’idée d’une autonomie gouvernementale accordée aux premières nations. C’est ainsi que, fin 1999, entre en fonction le gouvernement d’un nouveau territoire, administré par ses habitants, les Inuits : le Nunavut (« notre pays ») qui rassemblera les territoires de l’Arctique du Centre et de l’Ouest autour de la baie d’Hudson, soit une zone de 2 millions de km 2. La question de la souveraineté du Québec ne semble plus au goût du jour, depuis les élections législatives d’avril 2003. Jean Charest et son parti libéral, à la tête de la Belle Province, se veulent favorables au fédéralisme canadien. Cependant le scandale des commandites a relancé le débat au Québec, sans pour autant faire de la souveraineté de la province la préoccupation première des électeurs et des hommes politiques.

 

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